Colloque du SAPAD

 20 novembre 2018 |   

Les troubles psychiques chez l'élève.
Mieux connaître ces pathologies pour quelles stratégies adopter ?

Le colloque SAPAD 2018 sur le thème des troubles psychiques chez l'enfant et l'adolescent a été suivi avec intérêt dans l'hémicycle de l'hôtel de Région plein.

Créer des passerelles
Le président de l’ARPEP, Michel Labarthe, après avoir rappelé les différents pôles de l’association régionale a incité à explorer toutes les pistes pour répondre aux demandes croissantes reçues au sein des SAPAD départementaux en créant des passerelles avec les CMPP ou en en créant tel le SAPAD Préo (Passerelle pour le retour à l’établissement d’origine.)

L’engagement de la Région
Mme Isabelle LEROY représentait Mme Christelle MORANÇAIS Présidente de la Région des Pays de la Loire (Mme LEROY, Vice présidente Lycées de la commission Éducation et lycées, orientation et lutte contre le décrochage scolaire, civisme). Mme LEROY a souligné que le Conseil régional soutenait les idées innovantes des PEP en matière de droit à l’éducation, précisant que le concours financier n’aurait aucun sens sans l’engagement des PEP. L’ambition de la Région étant d’ouvrir à chaque jeune ligérien la réussite avec la formation qui lui correspond et ainsi d’éviter la rupture scolaire ou de l’apprentissage.

Garantir la réussite
Le docteur Anne-Léopoldine VINCENT, médecin Conseillère Technique, représentant le Recteur M. William MAROIS a rappelé que les actions des PEP répondaient à l’axe 2 du projet académique régional dans sa conception de solidarité en apportant des solutions en ne laissant personne au bord du chemin. L’intelligence collective, pour plus d’équité, dans le creuset des PEP, permettant de mettre en œuvre des solutions à géométrie variable en des lieux neutres facilitant l’expression et le mal être des élèves. Ainsi il faut poursuivre l’accompagnement de l’élève dans la construction de son parcours et garantir sa réussite d’élève à besoins particuliers.

Remerciements aux enseignants
Trois médecins psychiatres et pédopsychiatres, invités, unanimes pour remercier les enseignants pour leurs indispensables observations avec d’autres adultes, les assurant que leurs compétences ne sont pas en jeu même si les jeunes les mettent mal à l’aise.
Le docteur Carole GÉTIN, pédopsychiatre, responsable de l’Unité «Muse» au sein du pôle départemental de pédopsychiatrie du centre hospitalier Georges Daumézon à Bouguenais, a développé la nécessité de participer à une évaluation diagnostic le plus tôt possible pour du soutien sur du long terme. Plus on attend, plus le retour en milieu scolaire est difficile.

Le docteur Maurice CORCOS, chef du département de psychiatrie de l’adolescent et du jeune adulte à l’Institut mutualiste Montsouris à Paris et professeur de psychiatrie infanto-juvénile à l’Université René Descartes Paris 5, insiste sur cette nécessité d’agir très vite pour éviter que le symptôme s’auto génère. Le jeune montre une identité négative par l’absence de scolarité; ses défenses psychiques ayant été débordées par des troubles de conduite. L’enseignant, receveur de ces conduites peut avoir un geste montrant son investissement concernant son avenir pour l’adresser à un soignant. Geste de prévention qui peut résonner chez le jeune qui réagit à son environnement «car le contenant va mal.» ( Contenant socio culturel et contenant familial ).

L’exigence familiale est parfois grande, et pour se désaffilier de cette prégnance familiale, le jeune a «la rage de réussir sans l’école et sans la famille». Le sujet contre investit le monde des adultes, précise le docteur Corcos. Et quand l’adulte manifeste son sentiment d’impuissance, l’adolescent surenchérit. Il teste la solidité des adultes. D’où l’importance de soigner «les contenants». Le rôle de l’adulte étant de contenir et de «survivre» à toutes les attaques. En cela les adultes sont des auxiliaires psychiques qui participent à éviter des complications de conduite. L’adolescent, en plein développement, est au cœur d’une situation paradoxale, être soigné en même temps que sa scolarité se poursuit sans interruption car le programme scolaire continue alors qu’il ne peut assumer un temps plein d’élève. C’est alors le corps qui passe à l’acte.

Le docteur Véronique LACCOUREYE, psychiatre et coordinatrice médicale a présenté le Centre de soins études Pierre DAGUET à Sablé sur Sarthe qui comporte une annexe de lycée à l’intérieur. Centre avec plus de 100 soignants, 26 enseignants et 5 animateurs. Le Centre met en synergie une culture commune et une loi en interne par la coanimation, la coparticipation, le copartage, la parité et les interactions. Le Centre avait en 2017, 117 patients élèves. La durée moyenne d’un séjour est d’une année. Les délais d’attente sont de 8 mois environ. Il s’adresse plus généralement à un public réticent au soin et un axe de travail est l’individualisation par la séparation.

Questions / Réponses
Les différentes interventions des orateurs plaident, comme l’a souligné un Principal de collège, à des protocoles Éducation nationale et praticiens du soin. C’est là qu’avec les PEP, chacun peut apporter tout son savoir faire.

Qu'est ce que le SAPAD ?

Le SAPAD, Service d'Aide Pédagogique à Domicile, est un service mis en place en Région Pays de la Loire pour tout élève de l'école, collège ou lycée, dont la scolarité est interrompue pour une raison médicale et pour une période supérieure à deux semaines.

Le fonctionnement et le financement du SAPAD s'appuient sur des conventions partenariales :

  • Le réseau PEP,
  • Le Ministère de l'Education nationale,
  • La Direction Académique des Services de l'Education Nationale,
  • Les Conseils départementaux de Loire-Atlantique, Maine et Loire, de Sarthe, de Mayenne et de Vendée pour les collégiens,
  • Le Conseil Régional des Pays de la Loire pour les lycéens,
  • Les mutuelles MAE et MAIF.